Le monde du conseil se caractérise par des tensions qui paraissent a priori trinaires :

  • Up or out
  • Compétence sectorielle vs compétence fonctionnelle / technique
  • Consultant généraliste vs consultant spécialisé

Comme souvent, la réalité n’est pas binaire, et il faut s’y retrouver dans ces cinquante nuances de gris pour entrevoir les avantages comparatifs entre un consultant généraliste et un consultant spécialisé. Tout jeune consultant se pose la même question : ai-je plutôt intérêt à devenir consultant « généraliste » ou « spécialisé » ? Lequel permettra de grandir le plus vite au sein du cabinet ? Avant de rentrer dans l’analyse comparative, il importe de bien cerner ce dont il s’agit.

Qu’est-ce qu’un consultant « généraliste » ?

Un consultant « généraliste » est un consultant qui dispose de compétences d’un niveau relativement homogène / égal dans l’ensemble des domaines fonctionnels et / ou secteurs dans lesquels il intervient. Par exemple, il peut conseiller de manière générale sur l’organisation, la conduite du changement, l’optimisation de processus, les besoins fonctionnels, etc.

Il est ainsi capable de comprendre relativement aisément le sujet dont il est question lorsqu’un représentant du métier ou du Système d’information s’exprime. Il est également capable de contribuer à la discussion, en posant des questions pour reformuler des propos ou préciser des points. En revanche, il ne saura souvent pas aller au-delà de « généralités » et il peut souffrir d’un manque de compréhension si le sujet est approfondi. Bien évidemment, un consultant généraliste peut exercer dans un cabinet généraliste ou un cabinet spécialisé (cf. bas de l'article).

Qu’est-ce qu’un consultant « spécialisé » ?

Un consultant « spécialisé » est un consultant qui a une expertise fonctionnelle et / ou technique dans un domaine, parfois deux ou trois. Il peut s’agir d’un consultant spécialisé en benchmarking, en sécurité informatique, en design d’organisation digitale, expert des achats, etc.

A la différence d’un consultant généraliste, il est capable de conseiller de manière approfondie dans le ou les compétences / domaines qu’il maîtrise. En revanche, il aura parfois du mal à avoir la « big picture », pouvant parfois s’engluer dans son domaine sans être capable de faire des liens intellectuels avec d’autres domaines, dans une approche multidimensionnelle.

1. Pourquoi choisir la voie généraliste ?

Un jeune consultant est par nature généraliste lorsqu’il intègre le cabinet de conseil. Selon l'organisation du cabinet : par secteur / industrie, ou par grande compétence fonctionnelle / technique, le consultant junior est généraliste pendant au moins 1 à deux années.

  • Sans généraliser, la voie généraliste est la voie royale pour ceux qui souhaitent accéder à des fonctions de management au sein du cabinet – pilotage d’équipe, avec fonctions de coaching / développement des consultants.
  • Par ailleurs, cette voie permet également de prétendre à des fonctions commerciales au sein du cabinet – développement de comptes et de business, avec des objectifs de ventes de missions de conseil et de revenus issus de ces missions.
  • La voie généraliste peut également permettre d’avoir un éventail de choix plus large à l’issue de sa carrière de conseil, car le consultant saura, en général, mieux se vendre en démontrant la panoplie de ses compétences.

Choisir la voir généraliste peut également tout simplement vouloir dire de rejoindre un cabinet généraliste, comme par exemple un membre du Big 4 (ex. EY, PwC, etc.), un grand cabinet de type Accenture, Capgemini, Atos, ou des cabinets de stratégie généraliste, par exemple McKinsey ou BCG.

2. Pourquoi choisir la voie spécialisée ?

Aucun consultant ne naît spécialisé, il le devient. La voie spécialisée est la voie royale pour ceux qui ont envie de devenir expert d’un sujet / domaine / secteur. Et les experts sont prisés, car ils sont les seuls à même à résoudre des problèmes d’apparence insoluble, à réaliser du thought leadership (intraduisible en français, cela signifie la capacité à être un leader visionnaire dans un domaine), à publier des articles. Par exemple, un consultant spécialisé peut être expert du Cloud et ainsi conseiller de manière fine sur le type ce Cloud le plus pertinent pour une organisation, tout en détaillant les impacts, risques et bénéfices.

  • Le consultant spécialisé peut valoriser son expertise sur le marché et créer un personal branding (image de marque personnelle) autour de son nom et de son expertise, renforçant par là même son « employabilité ». Les chasseurs de tête contacteront aisément le consultant spécialisé, pour des missions en freelance ou des postes dans d’autres cabinets.
  • La voie spécialisée permet enfin aux consultants de participer à divers évènements autour de leur expertise (conférences, symposiums, etc.) et d'être informé plus rapidement en matière de veille technologique par exemple.

Choisir la voie spécialisée peut tout simplement vouloir dire rejoindre un cabinet généraliste mais en ne travaillant que sur certain types de missions, correspondant à cette spécialité. Cela peut aussi désigner un consultant qui choisit directement de s'investir dans un cabinet spécialisé (en Big data, Marketing, Management, Systèmes d'information etc. : cf. bas de l'article).

3. Au fond, faut-il choisir entre les deux ?

La plupart des cabinets de conseil (et autres organisations du secteur privé) ont déjà scindé les deux évolutions de carrière, avec une voie généraliste et une voie pour les experts. Il est souvent demandé aux consultants à partir d’un niveau intermédiaire dans la structure de faire un choix : voie généraliste ou voie spécialisée. Le conseil ici : s’assurer que le cabinet valorise bien les deux types de profils avant de faire un choix. Il y a parfois certains cabinets qui valorisent la voie généraliste, tandis que d’autres offrent plus de débouchés / perspectives de carrière au track expert. Mais lequel s’avère in fine le meilleur choix pour une carrière ?

Eh bien cela dépend de son profil et de ses ambitions :

  • Si l’ambition du consultant est de développer un profil généraliste, d’assumer des fonctions managériales et / ou commerciales, il est sans doute plus opportun de choisir la voie généraliste.
  • En revanche, si le consultant préfère intervenir sur le fond des sujets, et veut développer une connaissance fine d’un domaine, tout en se préoccupant moins des problématiques managériales et commerciales, alors la voie spécialisée est idoine. Il convient de noter ici qu’il est important de choisir un domaine / sujet porteur. Le Cloud, Agile, DevOps, design thinking, modèles d’organisation digitale, Change leadership, etc. sont sans doute plus porteurs que des sujets d’infrastructure pure, d’organisation en mode projet, de collecte de besoins métiers sans challenge / remise en question permanente, etc. Les sujets autour des technologies porteuses d’avenir (robotique, intelligence artificielle, internet des objets, Machine Learning, etc.) pourront faire la carrière d’experts. Ce qui est très important, c’est de savoir pour un consultant spécialisé s’inscrire dans une démarche de développement continu, pour être pleinement au fait de l’état de l’art.

Le même discours vaut également pour le choix entre un cabinet généraliste ou un cabinet spécialisé. Autant rejoindre un cabinet spécialisé peut permettre de développer une vraie expertise dans un secteur et ou sujet fonctionnel / technique, autant rejoindre un cabinet généraliste peut permettre de découvrir plusieurs sujets avant de choisir le cas échéant une spécialisation. Cela dépend fondamentalement de ses envies, et disons-le clairement, des opportunités qui peuvent se présenter. La chance peut jouer un rôle dans le développement de carrière.

→  Le choix d’une voie n’est pas irrévocable : il existe bien évidemment des passerelles entre les deux voies, mais il est clair qu’il est plus difficile de se « reconvertir » plus le consultant monte dans la hiérarchie / pyramide.

4. Quelques astuces pour finir

Tout consultant qui réussit est en réalité une espèce de consultant hybride qui est au croisement entre un profil généraliste, dans sa capacité à avoir la « big picture » et à analyser des problèmes de manière multidimensionnelle, et un profil spécialisé, dans sa capacité à maîtriser quelques sujets / domaines de manière plus approfondie.

Tout consultant, quel que soit son profil, devrait avoir un socle commun de connaissances qui lui permet d’aborder un maximum de sujets avec ses interlocuteurs. Il est aussi fortement conseillé qu’il s’approprie un ou deux domaines dans lesquels il développe une connaissance plus fine. Une formation (MOOC, par exemple), des lectures le week-end, un coaching individuel, la participation à des missions qui abordent cette problématique permettent d’approfondir ses compétences dans un domaine. Il existe aussi pléthore de forums / sites, qui permettent de développer un bagage de connaissance.


En résumé

Tout consultant qui veut réussir doit savoir gérer la tension entre la voie généraliste et la voie spécialisée. Tout dépend de ses ambitions, de ses envies et préférences. Il faudra aussi savoir naviguer entre les deux en fonction du cabinet (cela vaut aussi pour les freelance) car certains cabinets ont tendance à privilégier une voie, même si cela n’a rien d’officiel. Ce qui compte avant tout, c’est d’être flexible, tel un vrai consultant, pour savoir construire ce profil hybride qui sera tant recherché sur le marché et de savoir bien naviguer entre les courants.  


Au-delà de la spécialisation en tant que consultant au sein d'un cabinet généraliste, vous pouvez aller plus loin en choisissant directement un cabinet spécialisé. Vous serez alors dans une structure 100% dédiée à l'expertise que vous avez choisie. Voici quelques exemples :

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Photo by WTTJ @Apsia

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